Myélopathies cervicales

, par  Christophe Nuti, François Vassal, Jacques Brunon , popularité : 10%
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TRAITEMENT

*I- MEDICAL

Le traitement médical dans la myélopathie cervicarthrosique ne peut être que symptomatique. Il peut néanmoins apporter une amélioration transitoire dans les formes peu évoluées ou lorsqu’il existe une contre indication à la chirurgie (15). Une étude épidémiologique de radiculopathies cervicales a montré que 75% des patients étaient améliorés par un traitement conservateur et que seuls 25% des patients étaient opérés (68). Après 6 ans de suivi, 90% des patients restaient soulagés. Les éléments suggérant une mauvaise réponse au traitement conservateur pourraient être l’âge avancé, la durée des symptômes, la sévérité de la myélopathie et de la sténose canalaire (26).
D’autres études ne montrent pas de différence significative entre les traitements (médical ou chirurgical) dans certaines catégories de patients présentant une myélopathie cervicale d’intensité minime à modérée, avec des résultats cliniques identiques à 2 ans (31).
Toutefois, les données de la littérature concernant l’efficacité réelle de ces différentes mesures thérapeutiques médicales dans la myélopathie cervicarthrosique, et leur place par rapport à la chirurgie dans l’influence sur l’évolution de la pathologie restent insuffisantes (58).
Le traitement médical peut associer :
- des médicaments antalgiques de classe I ou II.
- des décontracturants musculaires pour soulager les cervicalgies (contracture réactionnelle des muscles para-vertébraux et du trapèze) et les douleurs radiculaires.
- des anti-inflammatoires non stéroïdiens, qui pourraient agir en diminuant l’œdème des lésions articulaires et éventuellement des gaines radiculaires. Les corticoïdes n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans cette indication (58). Ils peuvent néanmoins être prescrits lors de poussées évolutives.
- des antidépresseurs tricycliques et des anticonvulsivants, en fonction de la sémiologie douloureuse des patients (douleurs neuropathiques).
- de la kinésithérapie centrée sur les muscles para vertébraux, les déficits moteurs des membres supérieurs et les troubles de la marche, associée à de la physiothérapie.
- les cures thermales ne paraissent utiles que dans la prise en charge « globale » du patient au cours de son séjour.
- une immobilisation cervicale peut être proposée lorsqu’il existe des signes cliniques ou radiologiques en relation avec une instabilité tout en sachant que toute immobilisation prolongée va favoriser les enraidissements articulaires et l’atrophie des muscles para vertébraux aggravant cette instabilité. Elle ne peut être que temporaire et associée à une rééducation des muscles de la nuque.
- enfin il est déconseillé d’effectuer des occupations à risque soumettant le rachis à des microtraumatismes répétés et/ou à des traumatismes violents.