Névralgies du Trijumeau : indications et techniques chirurgicales

, par  Andreï BRINZEU, Emile SIMON, George GEORGOULIS, Marc SINDOU , popularité : 64%

2. Compression par ballonnet percutanée, du ganglion de Gasser (Figure 20b)
Méthodes lésionnelles percutanées {JPEG}

Fig. 20(b) :
Compression par ballonnet gonflable au niveau de Cavum de Meckel

Sous anesthésie générale en raison du caractère douloureux de la procédure, un trocart et sa sonde de Fogarty sont introduits à travers le foramen ovale (1) jusqu’au sein du Cavum de Meckel. Le ballonnet de la sonde est ensuite gonflé sous contrôle radioscopique pendant une à trois minutes, de façon à comprimer le ganglion de Gasser. Il en résulte généralement une hypoesthésie plus ou moins importante, variable selon les cas, le plus souvent sans anesthésie cornéenne. Noter l’aspect piriforme du ballon gonflé, témoignant de sa bonne localization au sein du Cavum (2).

Mise au point par Mullan [25] cette technique consiste en une compression du ganglion de Gasser dans le cavum de Meckel par la voie percutanée de Hartel, sous anesthésie générale en raison de son caractère douloureux, et sous contrôle radioscopique.

Le premier temps consiste en l’introduction d’un trocart de grand diamètre par le foramen ovale jusqu’au niveau du Cavum de Meckel. Par le trocart est introduite une sonde de Fogarty N°4 de telle sorte que seule l’extrémité gonflable dépasse de l’aiguille d’environ 15 mm. L’on injecte ensuite 1 ml d’un produit de contraste (Iopamiron par exemple) dans la sonde de Fogarty. L’effet en est contrôlé sur les clichés radiographiques de profil. L’image de la déformation classique en « poire » du ballon dont la queue correspond au porus du cavum de Meckel vers la citerne de l’angle pontocérébelleux atteste de la bonne localisation du ballonet au sein du Cavum de Meckel. La durée préconisée de la compression est de l’ordre de une minute, de façon à ce que le risque de dysesthésies invalidantes soit minimal.

La revue de la littérature a été faite sur 10 séries et totalise 1404 patients, suivis avec un recul de 1 à 6 ans en moyenne selon les séries (avec une moyenne générale de 4 ans) [15, 45]. Cette revue fait état d’une sédation immédiate dans 96% des cas en moyenne (de 82 à 100% selon les séries) et du maintien de l’efficacité à long terme dans 67 % des cas (de 54,5 à 91,3 % selon les séries). En ce qui concerne les effets secondaires et les complications neurologiques, il est noté une hypoesthésie faciale dans 4 à 77 % des cas et surtout une parésie masticatrice plus ou moins durable dans 50 à 66 % des cas selon les séries. La mortalité est d’environ 2 ‰, par effraction de la carotide.

Dans la série de l’Hôpital Henri Mondor à Créteil, série de 121 patients opérés et suivis avec un recul moyen de 3, 4 ans [15], le taux de sédation immédiate s’est élevé à 94,2 % ; l’efficacité initiale s’est maintenue chez 58,7 % des patients. Il ne s’est produit une hypoesthésie durable que dans 5,8 % des cas. La série n’a comporté aucune complication à type de kératite ou d’anesthésie douloureuse.

Moins précise que la technique précédente et nécessitant une anesthésie générale, la compression par ballon a l’avantage d’exposer à un risque moindre d’anesthésie cornéenne durable et donc de kératite. Elle a cependant l’inconvénient d’être suivie d’un taux d’échec ou de récidive plus important.